GTB, GTC et décret BACS

Cahier des charges GTB : exemple de structure d'un CCTP de lot GTB / GTC

Publié le 17 octobre 2026 · Mis à jour le 20 octobre 2026 · Lecture : 6 min

Un lot GTB mal spécifié se reconnaît à la réception : des points non raccordés, une supervision que personne ne sait modifier, des mots de passe par défaut et un contrat de maintenance imposé par l'intégrateur. Le cahier des charges est le seul moment où le maître d'ouvrage fixe les règles. Voici la structure d'un CCTP de lot GTB/GTC, chapitre par chapitre, et ce que chacun doit exiger.

À quoi sert le CCTP du lot GTB

Le cahier des clauses techniques particulières (CCTP) décrit ce que l'entreprise doit fournir, installer, programmer, tester et documenter. Il est lu par les candidats pour chiffrer, par l'intégrateur pour exécuter, par le bureau d'études et l'AMO pour contrôler, et par l'exploitant pour réceptionner. Un bon CCTP GTB est donc écrit pour la réception : chaque exigence doit pouvoir être vérifiée, avec une preuve attendue (document, essai, capture, procès-verbal). Il est accompagné d'une DPGF (décomposition du prix global et forfaitaire) dont les postes reprennent les chapitres du CCTP, pour que les offres soient comparables.

La structure type, en onze chapitres

ChapitreCe qu'il contientL'oubli classique
1. Objet, périmètre, limites de prestationBâtiments et installations concernés, interfaces avec les autres lots (CVC, électricité, plomberie, courants faibles), ce qui est fourni par d'autres et ce que le lot GTB raccorde.Les limites de prestation avec le lot CVC : qui fournit les sondes, les vannes, les servomoteurs, les armoires.
2. Contexte réglementaire et normatifDécret BACS et classe visée au sens de la norme NF EN ISO 52120-1, décret tertiaire, exigences de l'exploitant, guide ANSSI pour la GTB/GTC.Viser « conforme au décret BACS » sans nommer la classe ni les fonctions attendues.
3. Exigences fonctionnellesPar installation : régulation, programmation horaire, optimisation (relance, délestage), comptage et suivi des consommations, alarmes et leur traitement, reporting. Liste des points (entrées/sorties, physiques et bus) avec le tableau de points.Le tableau de points absent ou non quantifié : impossible de chiffrer, impossible de réceptionner.
4. Architecture et protocolesNiveaux (terrain, automatisme, supervision), protocoles par niveau (BACnet, Modbus, KNX, M-Bus, LonWorks, OPC UA…), interopérabilité et ouverture, réseau dédié ou mutualisé, adressage, synchronisation horaire.Accepter un protocole propriétaire au niveau automatisme : l'exploitant devient captif.
5. MatérielsAutomates et contrôleurs, serveurs et postes de supervision, équipements réseau, capteurs et actionneurs, armoires, alimentations secourues. Exigences de performance, de redondance et de disponibilité.Les marques imposées sans équivalence possible, ou l'inverse : aucune exigence de qualité.
6. CybersécuritéCartographie, segmentation réseau, administration et accès distants, comptes et authentification, durcissement, mises à jour, journalisation, sauvegarde et restauration, protocoles sécurisés, preuves en réception.Un paragraphe générique « l'entreprise respectera les bonnes pratiques de sécurité ». Voir l'article dédié aux exigences de cybersécurité dans un CCTP GTB.
7. Supervision et interfaces utilisateurSynoptiques, navigation, gestion des alarmes, courbes et historiques, rapports, droits par profil, accès web ou mobile, langue.Aucune exigence sur les droits de modification : l'exploitant ne peut rien changer sans l'intégrateur.
8. Essais, mise en service, réceptionEssais en usine et sur site, procédure point à point, essais fonctionnels par scénario, période de marche probatoire, procès-verbaux, réserves et conditions de levée.Réceptionner sur une démonstration en salle plutôt que sur un essai point à point signé.
9. Documentation (DOE)Schémas, tableau de points à jour, programmes sources des automates, configuration de la supervision, inventaire des équipements avec versions, procédure de sauvegarde et de restauration, mots de passe remis sous pli, notices.Les programmes sources et les licences non remis : la GTB ne peut pas être reprise par un autre intégrateur.
10. FormationSessions pour l'exploitant (utilisation, modification des programmes horaires et des consignes, gestion des alarmes) et pour l'administrateur (sauvegardes, comptes, mises à jour), avec supports remis.Une formation de deux heures le jour de la réception, sans support.
11. Garantie, maintenance, évolutivitéDurée et contenu de la garantie, maintenance préventive et corrective, délais d'intervention, mises à jour de sécurité pendant la garantie, conditions de reprise par un tiers, réserve de capacité (points, licences).Un contrat de maintenance implicite, à conditions non définies, que l'exploitant subit pendant dix ans.

Le tableau de points : la pièce qui fait le prix

Le tableau de points liste, pour chaque équipement raccordé, les entrées et sorties (tout ou rien, analogiques, comptages) et les points de communication (bus). C'est lui qui permet aux candidats de chiffrer les automates, les câbles et la programmation, et à l'exploitant de réceptionner point par point. Un CCTP sans tableau de points, ou avec un tableau « à établir par l'entreprise », produit des offres incomparables et des avenants. Pour un bâtiment existant, il s'établit à partir d'un relevé sur site ; pour un bâtiment neuf, à partir des schémas des lots techniques.

Les exigences qui protègent l'exploitant dans la durée

  • L'ouverture : protocoles standard et documentés aux niveaux automatisme et supervision, points accessibles en lecture et en écriture par un tiers, pas de licence bloquante pour lire ses propres données.
  • La propriété des programmes : sources des automates, fichiers de configuration, bases de données de supervision et licences remis au maître d'ouvrage, avec les outils de programmation nécessaires ou l'indication de leur fournisseur.
  • L'autonomie : l'exploitant doit pouvoir modifier seul les programmes horaires, les consignes et les seuils d'alarme, créer un utilisateur, restaurer une sauvegarde.
  • La réserve : un pourcentage d'entrées/sorties libres par automate et une marge de licence sur la supervision, pour les évolutions des cinq premières années.
  • La reprise par un tiers : clauses de réversibilité et de documentation qui rendent possible un changement d'intégrateur sans tout refaire.

Comment lier CCTP, DPGF et grille d'analyse des offres

Les trois documents se répondent. Les chapitres du CCTP deviennent les postes de la DPGF (études, matériel par niveau, câblage, programmation, supervision, cybersécurité, essais, documentation, formation, maintenance). La grille d'analyse des offres note les candidats sur des critères pondérés qui reprennent les exigences : conformité fonctionnelle, ouverture et interopérabilité, cybersécurité, moyens affectés et références comparables, documentation et formation, maintenance, prix. En marché public, les critères et leur pondération figurent dans le règlement de consultation ; en marché privé, les annoncer aux candidats produit de meilleures offres.

Les erreurs qui coûtent le plus

  1. Copier un CCTP d'un autre projet sans refaire le tableau de points ni les limites de prestation.
  2. Écrire des exigences invérifiables (« la GTB sera performante et sécurisée »).
  3. Oublier la période de marche probatoire : une GTB se réceptionne sur une saison de chauffe, pas sur un après-midi.
  4. Ne pas exiger les sources, les licences et les procédures de sauvegarde dans le DOE.
  5. Traiter la cybersécurité en une phrase, alors que le guide de l'ANSSI pour la GTB/GTC donne des recommandations précises à transformer en clauses.

Questions fréquentes

Quelle différence entre GTB et GTC ?
La gestion technique centralisée (GTC) pilote en général un seul domaine (le chauffage, l'éclairage) ; la gestion technique du bâtiment (GTB) fédère plusieurs domaines dans une même supervision. Les CCTP utilisent souvent « lot GTB/GTC » pour couvrir les deux.
Faut-il un CCTP séparé pour la GTB ou l'intégrer au lot CVC ?
Un lot séparé rend les limites de prestation explicites et permet de choisir un intégrateur indépendant du fournisseur de CVC. Intégré au lot CVC, le risque est une GTB réduite à la régulation du fabricant, fermée et non documentée.
Qui rédige le CCTP GTB ?
Le bureau d'études fluides ou courants faibles, ou un AMO spécialisé, à partir du programme du maître d'ouvrage et des besoins de l'exploitant. L'exploitant doit relire les chapitres supervision, documentation, formation et maintenance : c'est lui qui vivra avec.

Contenu pédagogique à partir des textes et guides publics cités. Il ne constitue pas un conseil juridique ; vérifiez les textes consolidés sur Légifrance et les guides sur le site de l'ANSSI à la date de votre projet.

Rédigé avec l'aide de l'IA, sources officielles citées et datées.

Les exemples chiffrés sont fictifs.

Ceci n'est pas un conseil financier, fiscal ni juridique.